L'aéroport international du Kansai(関西国際空港, Kansai Kokusai Kūkō?, souvent abrégé en 関空, Kankū ou 関西空港, Kansai Kūkō), (code IATA: KIX•code OACI: RJBB) est un aéroport international construit sur une île artificielle dans la baie d'Ōsaka, au sud de la ville d'Ōsaka au Japon. Il est en service depuis le .
C’est un hub pour Japan Airlines (JAL), All Nippon Airways (ANA) et Nippon Cargo Airlines. C’est le point de desserte international de toute la région du Kansai, où se trouvent les métropoles d’Ōsaka, Kyōto et Kobe. L'ancien aéroport international d'Ōsaka, à Itami, a maintenu ses activités pour les vols intérieurs.
Vue satellite de la baie d'Ōsaka. L'aéroport international du Kansai se trouve sur l'île artificielle que l'on voit en bas à droite.
Dans les années 1960, la région du Kansai connaissait une expansion économique moins rapide que celle de la région de Tōkyō. Pour donner un nouveau souffle économique à la région, il fut proposé de construire un nouvel aéroport desservant Ōsaka et Kobe. L’aéroport international d'Ōsaka, situé dans les localités densément peuplées d’Itami et de Toyonaka, était entouré de constructions et ne pouvait par conséquent pas être agrandi. De plus, beaucoup de plaintes avaient été déposées par des riverains en raison de nuisances sonores.
Après les protestations qui avaient accompagné la construction du nouvel aéroport international de Tōkyō (l’aéroport international de Narita), pour lequel des terres avaient été réquisitionnées dans un secteur rural de la préfecture de Chiba, il fut décidé de construire le nouvel aéroport en mer. L’emplacement initial, choisi près de Kobe, fut refusé par la municipalité; l’emplacement fut donc déplacé plus au sud de la baie d’Ōsaka. Ainsi, l'aéroport pourrait fonctionner 24 heures sur 24, à l’inverse de son prédécesseur, situé plus en ville. Les seules protestations furent celles d’un groupe de pêcheurs, rapidement réduit au silence par de confortables compensations.
Le projet prévoyait la construction d’une île artificielle de 4 kilomètres de long sur 1 de large, selon la technique umetate-chi. La difficulté du projet était accentuée par les risques sismiques (très élevés) et les typhons, avec des élévations du niveau de la mer pouvant atteindre 3 mètres.
Construction
Le chantier commença en 1987. La dépose de remblais fut achevée en 1989, avec des digues en enrochements renforcées de 8 000 tétrapodes avec un total de 21 millions de mètres cubes.
10 000 hommes, 10 millions d’heures de travail sur trois ans et 80 navires furent nécessaires pour édifier, à l’abri des digues, une couche de remblai de 30 mètres d’épaisseur. En 1990, le pont en treillis de 3,7 kilomètres, qui relie l’île artificielle à la ville de Rinku-Town, sur la côte, fut terminé – pour un coût d’un milliard de dollars.
Entretemps, l’île artificielle s’était tassée de 8 mètres, bien plus que ce qui avait été calculé. Le projet était alors devenu l’ouvrage de construction le plus cher de l’histoire, avec vingt ans d’études, trois ans de travaux et plusieurs milliards de dollars déjà dépensés.
La construction du terminal proprement dit commença en 1991. Pour compenser le tassement des remblais, le bâtiment fut construit sur des pieux ajustables pouvant être rehaussés par l’intercalation, à leur base, d’épaisses plaques d’acier.
L’aéroport fut mis en service le .
Premières années de service
En 1995, il fut frappé par le tremblement de terre de Kōbe (qui fit 6 433 victimes), dont l’épicentre n’était qu’à 20 kilomètres. Le bâtiment en sortit intact, principalement grâce aux joints de dilatation mis en œuvre; même les vitres du bâtiment ne furent pas endommagées. En 1998, l’aéroport supporta sans dommage un typhon avec des vents de plus de 200km/h.
En 2001, l’aéroport reçut l’un des dix prix Civil Engineering Monument of the Millennium, décernés par la Société Américaine des Ingénieurs Civils (American Society of Civil Engineers)[1].
Agrandissement
Le tassement de l’île artificielle s'étant notablement ralenti (17 centimètres de tassement en 2002), en 2003, l’exploitant a engagé un projet de construction d’une seconde piste de 4 000 mètres, avec un coût estimé à 1,56 billions de yens.
En 2004, les travaux d'agrandissement commencent en construisant une nouvelle île artificielle, 200 m à côté de la première, afin d'y accueillir une deuxième piste et donc d'augmenter considérablement la capacité, la rentabilité et la fiabilité de l'aéroport. Cette seconde piste ouvre le et est connectée au terminal situé sur la première île, par un «taxiway» spécialement conçu. Elle est utilisée en tant que piste d'atterrissage, le décollage s'effectue sur cette piste uniquement quand la piste A est fermée. Cette ouverture de piste a permis d'ouvrir désormais l'aéroport 24 heures sur 24 en septembre de la même année[2],[3].
Un deuxième terminal (le Terminal 2) a été ouvert en 2012; il ne sert que la compagnie Low Cost Peach[4].
Privatisation
Il est prévu en 2014 que la gestion de l'aéroport soit privatisée en mars 2016[5], la concession devant durer 45 ans[6].
Le , le duo Vinci Airports et Orix est désigné concessionnaire pressenti des aéroports internationaux du Kansai et d'Osaka pour une durée de 44 ans à partir du 1er avril 2016[7].
Inondations et accident de septembre 2018
Le 4 septembre 2018, une des deux pistes et les sous-sols du Terminal 1, ainsi que plusieurs entrepôts[8], ont été inondés à la suite du passage du typhon Jebi, particulièrement violent[9]. À certains endroits, les inondations ont atteint 90 cm de hauteur[10]. Plusieurs centaines de véhicules de maintenance ont été mis hors d'usage, l’électricité a été coupée[11]: il n'y avait donc plus d'air conditionné dans l’aéroport et il était impossible de faire des annonces par haut-parleurs[12]. En outre, un pétrolier, poussé par les vents, s'est écrasé sur le pont Sky Gate Bridge R menant de l’aéroport au rivage de la baie d'Osaka[13]. Le pont a été endommagé et les communications ont été coupées; 8 000 personnes[11],[9] ont été bloquées dans l’aéroport pour une nuit[14]; elles ont été évacuées le lendemain par bus sur une voie du pont restée intacte ou par ferry jusqu'à Kobe[12]. L'utilisation de l’aéroport a été totalement interrompue[15]. Les autorités de l’aéroport ont admis ne pas avoir été préparées à affronter une telle série de problèmes[11]. Des critiques ont été émises sur l'emplacement des installations électriques au sous-sol de l’aéroport et sur le manque de prévoyance de ses administrateurs[16].
Les vols intérieurs ont repris le 7 septembre[11], les vols internationaux le 8 septembre, de façon limitée[17]. La piste inondée a partiellement rouvert le 14 septembre, ce qui a permis à l’aéroport d'assurer 30% des vols prévus avant le typhon[18]. Le trafic ferroviaire sur le pont Sky Gate Bridge R a recommencé le 18 septembre[19]. Les opérations de l’aéroport ont finalement repris normalement le 21 septembre[20].
Chiffres et statistiques
L’aéroport du Kansai a été imaginé sur la base de deux postulats économiques: que la croissance de l’économie japonaise continuerait sur la base de la fin des années 1980, et que l’aéroport deviendrait une plaque tournante internationale entre l’Asie et les autres continents. Aucune de ces hypothèses ne s’est vérifiée: le krach japonais s’est produit au beau milieu de la construction de l’aéroport, et celui-ci, pour diverses raisons, peine encore à s’imposer en tant que hub asiatique incontournable.
Coût
Le coût total de la construction de l’aéroport est à ce jour de 15 milliards de dollars, ce qui représente un dépassement de budget de 40% – principalement à cause des problèmes de tassements lors de la construction de l’île artificielle. L’aéroport est lourdement endetté: 560 millions de dollars sont dépensés chaque année en remboursement d’intérêts. En 2015, la dette de New Kansai International Airport Co. s'élève à plus de 1 000 milliards de yen[6]. Les compagnies aériennes ont longtemps été rebutées par les taxes d’atterrissage très élevées (environ 7 500 dollars pour un Boeing 747), les plus chères du monde après l’aéroport international de Narita. À la suite d’importantes baisses, les compagnies aériennes commencent à fréquenter plus assidûment l’aéroport.
Le , l’aéroport international du Chubu, dans la région de Nagoya, est entré en service, reprenant la majeure partie du trafic aérien, national et international, de l’actuel aéroport de Nagoya. La concurrence entre les différents aéroports internationaux du Japon devrait s’en trouver exacerbée. De plus, la mise en service de l’aéroport de Kōbe fait également de l’ombre à l’aéroport du Kansai en ce qui concerne les vols nationaux.
Nombre de passagers et de mouvements
En graphique
Voir la requête brute et les sources sur Wikidata.
En 2003, l’aéroport a accueilli 8,54 millions de passagers pour des vols internationaux et 5,53 pour des vols nationaux, soit plus de 14 millions de passagers[21]. Ces chiffres sont inférieurs à ceux des années précédentes; à titre de comparaison, 12,64 millions de passagers internationaux ont transité en 2000, alors que presque 8 millions de passagers nationaux fréquentaient l’aéroport en 1995, année suivant son ouverture[21].
En 2013, l’aéroport a eu 18,12 millions de passagers, 133 296 vols et 670 625 tonnes de fret[21].
En 2014, en moyenne, 17 500 personnes par jour arrivent de l'étranger[22].
En 2015, 23,21 millions de passagers ont utilisé l'aéroport, dont 16,25 millions pour les vols internationaux (10,01 millions de non-japonais). D'avril 2015 à octobre 2015, l'aéroport a été le plus fréquenté du Japon en ce qui concerne les voyageurs en provenance de Chine, de Corée du Sud et de Hong Kong[23].
Le secteur des départs, au 4eétage. La structure du bâtiment et en forme d'aile d'avion.
L’aéroport du Kansai possède deux terminaux. Le Terminal 1, d'une surface totale de 301 472 m2 sur quatre étages, a été dessiné par l’architecte italien Renzo Piano. C’est le plus long bâtiment du monde, avec 1,7 kilomètre de bout en bout; un monorail achemine les passagers d’une extrémité du bâtiment à l’autre.
Le toit du terminal est en forme d’aile d’avion. Cette forme facilite la circulation de l’air envoyé par l’immense système de climatisation: l’air est soufflé à une extrémité du bâtiment et suit la courbure du plafond jusqu’à l’autre côté du bâtiment, où il est récupéré. Des mobiles sont suspendus au plafond du 3eétage pour profiter de ce système.
Galerie
Le secteur de l'embarquement
Un Boeing 777 de la compagnie Emirates, atterrissant à Kansai. En toile de fond, le pont reliant l'aéroport à la Préfecture d'Osaka sur l'île principale du Japon, Honshu
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